Paradoxe Krishnamurti

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tam
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ven. 23 juil. 2010 12:41

Il y a une question qui m’interpelle :
Comme beaucoup, j’ai été marqué par les mots et la personnalité de Krishnamurti et certains points clés de son développement :
- découvert « par hasard » par les théosophes
- éduqué par eux pour devenir un « instructeur du monde »
- La rupture de Krishnamurti qui annonce que la vérité est un pays sans chemin et qu’il faut faire sauter les carcans religieux, institutionnels,…
- le développement de sa stature de « sage » qui se veut éloignée de la posture du gourou et qui vise à favoriser la découverte de sa vraie nature par soi-même
J’ai lu récemment dans le magazine Nouvelles clés quelques précisions sur des aspects de sa vie moins connus :
Pour aller vite il a été l’amant de la femme de son meilleur ami pendant 20 ans…, en toute discrétion, et lui a fait un procès quelques années plus tard
J’avais également lu des éléments racontés par Vimala Thakar qui dit avoir connu une réelle ouverture spirituelle a ses côtés, mais qui apprend aussi que dès qu’elle même est devenue plus autonome, il s’est fâché et il y a eu rupture dans leur relation.Elle est devenue par la suite un « maître » que personnellement je trouve très intéressant et très vrai.
La question est :
Il me semble évident que Krishnamurti avait accès à des niveaux d’énergie, d’information, de vérité,…. Très profonds et qui ont marqué ceux qui l’ont écouté et côtoyés.
Par contre j’ai du mal à relier cela avec certains aspects de sa vie « terrestre ».
Je sais que le mental est suffisamment tordu pour arriver a justifier une chose ou son contraire, mais qu’en est-il si on a accès à des ressentis plus profonds ?
Que faut-il tirer de profond de ce que nous raconte la vie de Krishnamurti ?
"Je sens comme une vergence dans la farce" Obi-Wan
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anatonos
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ven. 23 juil. 2010 14:41

Krishnamurti avait peut-être accès à des niveaux supérieurs mais ça ne veut pas dire qu'il vivait à ces niveaux-là : il était peut-être "sage" mais n'était pas un Bouddha ; il avait un coté blanc mais aussi un coté noir, sans doute ; la théosophie (pour y revenir) a dit des choses admirables mais aussi des inepties grotesques. Est-ce qu'il faut pour autant tout rejeter en bloc, je ne pense pas.

Essayons d'en tirer la substantifique moelle, comme disait Maître Rabelais ; autrement dit, prenons ce qui nous semble bien ; regardons ce qui nous semble beau ; écoutons ce qui nous semble vrai. Cela me semble une bonne façon d'aborder les choses.
Fais ce que dois - advienne que pourra.
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Pegase
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ven. 23 juil. 2010 21:10

Salut,

Krishnamurti était avant tout un homme, avec ses forces et ses faiblesses, c'est ce qui fait le charme de l'incarnation.

a+
Pegase
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maori
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sam. 24 juil. 2010 00:02

Salut,
je vais répondre soft, mais en gros je ne risque pas de lire ses ouvrages de "sagesse"..
en fait j'ai lu l'article dont tu parles sur krishnamurti dans la revue "nouvelle cléfs" et ça m'a pa plu... l'article m'a dissuadé d'une première impressions plutôt positive

cet homme fait beaucoup l'objet de fascinations typiquement propre aux besoins de l'époque
a plus tard
b
tam
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dim. 25 juil. 2010 20:30

bao a écrit : en fait j'ai lu l'article dont tu parles sur krishnamurti dans la revue "nouvelle cléfs" et ça m'a pa plu... l'article m'a dissuadé d'une première impressions plutôt positive

b
Lorsque j’ai lu ses livres, je n’avais pas entendu parler de ces aspects de sa personnalité.
Le fait est qu’à ‘époque ou j’ai lu ses écrits, j’ai trouvé ça très profond et nouveau tout en ne se reliant pas à une tradition et en bousculant les approches traditionnelles. Ses réflexions sur l’enseignement aussi m’ont aussi touché. Je ne renie donc pas mon premier ressenti sur ses écrits.

Dans l’émission radio ou intervenait Christophe, il disait que le but était de se relier à la fois au ciel (au père) et à la terre (la mère).
Peut-être que Khrisnamurti parle très très bien du Ciel, mais pour la terre, cela me parle moins.

Merci de vos réponses.
A+
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TerreCiel
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lun. 26 juil. 2010 15:37

"Il y a l'histoire d'un maître religieux qui parlait tous les jours à ses disciples. Un matin où il se trouvait sur son estrade, s'apprêtant à parler, un petit oiseau se posa sur le rebord de la fenêtre et se mit à chanter de tout son cœur. Lorsqu'il se tut et qu'il s'envola, le maître dit : "Le sermon de ce matin est terminé."

Une de nos plus grandes difficultés est, à mon sens, celle qui consiste à voir par nous-mêmes, d'une façon réellement claire, non seulement le monde extérieur, mais notre vie intérieure. Lorsque nous pensons voir un arbre, une fleur, ou une personne, les voyons-nous réellement, ou voyons-nous l'image que le mot a créée? Lorsque vous regardez un arbre, un nuage, par une soirée lumineuse et délicieuse, ne les voyez-vous qu'avec vos yeux et votre intellect, où les voyez-vous totalement, complètement?
Seuls ceux qui savent regarder un arbre, les étoiles, les eaux scintillantes d'un torrent, dans un état de complet abandon, savent ce qu'est la beauté. Cet état de vision "réelle" est l'amour.

La beauté réside dans le total abandon de l'observateur et de l'observé, et cet abandon de soi n'est possible qu'en un état d'austérité absolue. Ce n'est pas l'austérité du prêtre avec sa dureté, ses sanctions, ses règles, son obédience ; ce n'est pas l'austérité des vêtements, des idées, du régime alimentaire, du comportement ; c'est celle de la simplicité totale, qui est une complète humilité. Il n'y a rien alors à accomplir, aucune échelle à grimper, mais un premier pas à faire, et le premier pas est celui de toujours.

Lorsque vous percevez une distance entre vous et l'objet de votre observation, constatez en cette distance l'absence de l'amour, et sachez que sans amour quelque ardeur que vous mettiez à réformer le monde, à instaurer un nouvel ordre social, à parler de progrès, vous ne créerez que des tourments.

Tout cela est entre vos mains. Il n'existe pas de maître, il n'existe pas d'instructeur, il n'existe personne pour vous dire ce que vous devez faire. Chacun de nous est seul dans ce monde fou et brutal.

Nous avons réduit ce monde à un état de chaos par nos activités égocentriques, par nos préjugés, nos haines, nos nationalismes, et lorsque nous disons que nous n'y pouvons rien, nous acceptons le désordre en nous-mêmes comme étant inévitable. Nous avons brisé ce monde en morceaux et si nous-mêmes sommes brisés, fragmentés, nos rapports avec le monde le seront également. Mais si, dans nos actions, nous agissons totalement, nos rapports extérieurs subiront une formidable révolution.

En somme, tout mouvement valable, toute action ayant une vraie portée doivent commencer en chacun de nous. Je dois, pour commencer, me changer moi-même. Je dois percevoir la nature et la structure de mes rapports avec le monde, et dans le fait même de les "voir" est le "faire"; dès lors moi, en tant qu'être humain vivant dans le monde, j'engendre une nouvelle qualité, une qualité qui, à mon sens, est celle d'un esprit religieux.

Un esprit religieux est totalement différent de celui qui croit en une religion. On ne peut pas être religieux et en même temps hindou, musulman, chrétien, bouddhiste. Un esprit religieux n'est pas à la recherche de quelque chose, il ne peut faire aucune expérience avec la vérité, car elle n'est pas une chose qui puisse être dictée par le désir ou la souffrance, ni par un conditionnement, hindou ou autre. L'esprit religieux est un état d'esprit en lequel il n'y a aucune peur, donc aucune croyance d'aucune sorte, mais seulement ce qui "est", ce qui est, en tout état de fait.

Ce que je dis a très peu de valeur. Vous l'oublierez aussitôt que vous fermerez ce livre, ou vous vous souviendrez de certaines phrases, ou encore, vous comparerez ce que vous avez lu ici avec ce que contiennent d'autres livres. Mais vous n'affronterez pas votre propre vie, vous-mêmes, vos petitesses, votre existence creuse, votre brutalité, votre violence, votre avidité, votre ambition, vos affres quotidiennes, votre douleur sans fin. C'est tout cela qu'il vous faut comprendre et personne sur terre ou au ciel ne vous en délivrera, si ce n'est vous-mêmes.

Pour se connaître, on doit être honnête à l'extrême vis-à-vis de soi, jusqu'au tréfonds de l'être.

Comment se fait-il que vous, en tant qu'être humain, qui êtes si capable, si habile, si rusé, si compétitif, qui avez une si merveilleuse technologie, qui allez dans les cieux et à l'intérieur de la terre, et sous la mer, et qui inventez des cerveaux électroniques extraordinaires-comment se fait-il que vous n'ayez pas cette unique chose qui importe? Je ne sais pas si vous avez jamais affronté sérieusement la question de savoir pourquoi votre cœur est vide."

Krishnamurti "Se libérer du connu"
C'est le seul que j'ai lu et je n'en lirais pas d'autres... j'espère qu'il a été très heureux avec cette dame et qu'il a vécu un très bel amour profond... :)

La seule révolution qui vaille est la nôtre… ;)
maori
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mar. 27 juil. 2010 01:12

bonjour Terreciel
j'ai lu ce texte et ça confirme bien mon peu de goût pour krishnamurti
j'ai ressenti un ton un peu moralisateur un peu anglosaxon, avec un petit côté seuls ceux qui...désolée ca me rejette
heureusement il s'est rattrappé dans sa vie amoureuse ;)
:mrgreen:
b
vibrazionecosmica
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mar. 27 juil. 2010 11:29

Beaucoup d'enseignants spirituels semblent illustrer : "faites ce que je dis, pas ce que je fais"...

On ne compte plus les cas de "maîtres" spirituels hautement estimés (qui disent des choses très valables ) qui sont impliqués dans des frasques de tous genres : abus sexuels, abus psychologiques, malhonnêtetés en tous genres, culte de la personnalité... ...

Peut être juste pour mieux nous rappeler que l'humain peut exprimer une myriade d'énergies de tous bords en même temps - nous sommes un gros mélange de "bien" et de "mal", comme toujours...- et de cesser d'idéaliser quiconque, fût-il un "maître" respecté dont la parole éveille de la lumière en nous
La lumière qu'on reconnait dans sa parole est bien réelle, mais elle ne fait que passer à travers une personne humaine, avec toutes ses limitations et failles...

Ne pas s'attacher à la forme, imparfaite et faillible, mais bien à ce qui parfois la traverse ou l'habite, et qui en nous résonne purement dans notre coeur (malgré les impuretés de la mise en forme)

Si ça résonne, c'est qu'on a quelque chose à y trouver, quelle que soit la forme par laquelle ça passe et ses imperfections

Même le plus grand bandit ou assassin peut à des moments dire de profondes vérités spirituelles, émaner de la lumière...
Comment concilier les contraires ? -Seul le coeur le peut
Comment résoudre cette dichotomie ? - Il ne faut rien résoudre, juste être...
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Florence
Coévoluant
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mar. 27 juil. 2010 13:50

vibrazionecosmica a écrit :Si ça résonne, c'est qu'on a quelque chose à y trouver
si ça résonne, c'est pour nous faire raisonner... ;)
vibrazionecosmica
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mar. 27 juil. 2010 23:05

:D

Parfois oui :)
Mais pas que...

La pureté de la résonance sans 'raisonnance' se manifeste parfois aussi ... ;)

Beauté d'un son pur qui résonne... dans le silence et la vastitude infinie de l'être...
Comment concilier les contraires ? -Seul le coeur le peut
Comment résoudre cette dichotomie ? - Il ne faut rien résoudre, juste être...
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