bonsoir yquem
tu n'es pas loin si on en croit les extraits de cet article

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Querelle sur la couleur du vin de messe
L’originalité du christianisme est d’avoir obéré l’aspect psychotrope du vin pour inventer le concept de transsubstantiation à travers le symbole « Ceci est mon sang ». Certes, l’évolution fut lente et les premiers évêques durent mettre en garde la communauté des croyants qui avait tendance à consacrer le sang du Christ et à porter des toasts aux Saints un peu plus que de raison. À l’inverse, l’hérésie des Aquariens qui consacrait le sang du Christ au IIIe siècle avec de l’eau fut également éradiquée pour conserver la symbolique du vin = sang. Cette symbolique se retrouve dans le choix du Saint Patron des vignerons français, Saint-Vincent. En effet, rien dans la vie de ce saint ne le destine à cette fonction si ce n’est son nom Vincent (Vin Sang).
L’association évidente entre le vin rouge et le sang voudrait que le vin de messe soit rouge. Or, une polémique naquit au Moyen Âge sur la couleur du vin à utiliser pour consacrer le sang du Christ, définitivement close en 1565 par le concile de Milan : il imposa l’utilisation du vin blanc afin de préserver la pureté et la propreté du linge liturgique. La disparition de cette symbolique s’explique par l’instauration du clergé qui, durant cette période, retira progressivement aux laïcs la communion sous les deux espèces, et donc la vue du vin. Cette captation de la consécration du sang permit au clergé d’affirmer son pouvoir et sa puissance à une époque où le sang, comme toutes les « humeurs » (sang, larmes et sueur), était une substance jugée supérieure au corps. Cet a priori se traduisit par le culte du saint suaire de Turin et du Saint Sang de Bruges, ainsi que par une riche iconographie sur le thème du Pressoir Mystique où le Christ en sang est représenté dans un pressoir à vin. Si le vin de messe doit être blanc, la liturgie ne précise pas son origine. C’est pourquoi, au XVIIIe siècle, le cardinal de Bernis ne célébrait la messe qu’au Meursault afin de « ne pas faire la grimace à Dieu »…