Réflexion avant Noël

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LeDahu
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Réflexion avant Noël

Message par LeDahu » sam. 10 déc. 2016 22:22

Première année où je ne vais pas rejoindre ma famille pour la période de Noël .
C'est un choix volontaire, ayant fortement besoin en ce mois de décembre de faire un point, de me mettre un peu en retrait de la vie pour pouvoir enfin choisir de la vivre, cette vie.
J'ai en effet l'impression par ce choix de me mettre dans la situation où mes parents et mon frère ne serait plus là.
  • Et dans ce cas-là, que ferai-je de ma vie?
  • Mes choix seraient-ils différents?
  • Plus faciles car je n'aurai plus peur du regard de ceux à qui j'étais plus fidèle qu'à moi-même?
  • De quoi cela me libérerait-il?
  • Quel regret pourrais-je avoir si leur disparition se produisait demain ?
  • Quelles questions ai-je encore besoin de leur poser?
  • Qu'ai je besoin de leur pardonner? ou de me pardonner vis-à-vis d'eux?
Je sens que ce processus est indispensable pour que je vive selon ma propre voie.
Et pourtant, j'ai eu des relations familiales que je qualifierai de plutôt très bonne, avec beaucoup de soutien.
Mais au fond de moi, une colère, même plutôt une fureur vis-à-vis d'eux a besoin de s'exprimer et j'ai besoin de lui laisser la place en toute sécurité , sans risque de dégâts collatéraux.
Un voile sur une partie de mon passé veut se déchirer et j'ai maintenant besoin de libérer les émotions associées.

Plus généralement, j'ai vraiment l'impression depuis le début du mois d'en avoir ras-le-bol de ne plus être moi-même et de vouloir brûler tout ce qui n'est plus moi.
Les envies profondes se révèlent de plus en plus, mais suite à un long conflit intérieur entre plusieurs parties de moi. Ce choix en a d'ailleurs fait partie.
Mais j'ai retenu la leçon et décide de laisser le temps pour en prendre conscience. Je n'ai en effet pas envie de revivre une crise d'angoisse pour reconnaître ce conflit intérieur.

Donc je reste dans ma caverne, à faire mon ours ( parfois mal léché) , heureux de me laisser du temps pour prendre soin de moi en cette période fortement agitée physiquement, intérieurement et émotionnellement.
J'accepte enfin de "m'immobiliser" sans me culpabiliser, car c'est ce dont j'ai profondément besoin. Et qu'est ce que ça fait du bien !!!!!

Étonnant, mais je sens que ce choix de de penser à moi d'abord ( "sale égoiste " ;) ), sans me soucier du futur, sera le meilleur cadeau de Noël que je pouvais m'offrir.
Chic, chic, chic, je suis curieux de ce que je vais trouver dans mes petits souliers. :lol:
Profiter de la vie en suivant ses envies.

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Corinne 2 2
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Re: Réflexion avant Noël

Message par Corinne 2 2 » lun. 12 déc. 2016 13:26

Bonjour LeDahu,

est-ce que tu mettrais à profit cette période pour tester ton détachement?

Je comprends parfaitement que tu écoutes tes besoins et que tu poses tes limites... et que si tu as peur de ne pas pouvoir contrôler tes émotions en leur présence tu puisses rester dans ta caverne. C'est tellement bon de s'autoriser cette douceur avec soi-même. Ce qui doit sortir se fera en son temps.

Je suis sûre que tu trouveras pleins de ♡♡♡ dans tes petits souliers...

LeDahu
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Re: Réflexion avant Noël

Message par LeDahu » lun. 12 déc. 2016 17:05

Merci Corinne2.2 pour cette réaction qui alimente ma réflexion. Et également pour la bienveillance que je ressens dans tes propos.
Tester le détachement, je ne sais pas . Même si je sens au fond de moi que ta formule est juste.
Je dirais surtout accepter totalement ce que je suis et les émotions qui me traversent.
Et ce n'est pas que j'ai peur de ne pas pouvoir contrôler mes émotions, mais que je ne VEUX plus les contrôler. Je n'en peux plus de m'interdire de ressentir et d'exprimer honnêtement ce qui me traverse. Que ce soit à moi-même ou aux autres.
Je veux donc pouvoir exprimer ce que je suis de la manière la plus juste pour moi et donc pour l'autre. Et ma colère, je n'arrive à l'exprimer actuellement que par une explosion de rage et de reproches.
Reproches que je n'ai pas envie de projeter à la figure de mes parents, leurs intentions pour moi ayant été justes et dictées par l'amour, même si un peu déformées par leurs propres attentes, valeurs, croyances et leurs peurs.

Je ne peux pas leur reprocher d'avoir fait de leur mieux, en m'ayant couvé, protégé. C'est ce qui représentait pour eux (surtout pour ma mère) leur manière de m'aimer et de m'apporter de la sécurité
Mais je me suis senti étouffé par cette sécurité. Jusqu'à me sentir nié et non écouté sans jugement,. Ce qui m'aurait permis d'exprimer mes propres envies et ce que je suis.
J'avais soif de liberté et je me suis forcé à rechercher la sécurité car c'était le modèle qu'on m'avait donné. J'ai accepté jusqu’à récemment de me conformer à leur vision du monde par peur d'être rejeté et de n'être plus aimé.
Mais ce n'est pas moi et en faisant cela, je vis pour l'autre et pas pour moi. Et maintenant, j'ai besoin de vivre pour moi.

Je leur exprimerai quand ce sera plus clair, plus en conscience, et surtout si j'en sens le besoin et quand je sentirai que cela puisse être entendu.
J'ai surtout besoin de l'exprimer à moi-même, et c'est pourquoi j'ai besoin d'un environnement adapté, me permettant de trouver tout le courage au fond de moi. Et pour cela, j'ai besoin de bienveillance, d'accueil, d'amour inconditionnel, et actuellement, j'ai l'impression que ma famille n'est pas capable de me fournir cet environnement.
Car actuellement, quand je m'autorise à exprimer totalement ce que je suis à l'autre, une seule phrase prononcée qui me donne l'impression de ne pas avoir été écouté, respecté, me fait me rouler en boule énergétiquement et m' hérisse le poil au sens propre comme au figuré. Je me referme alors et j'ai besoin d'une bonne minute pour ne pas réagir à ce que je ressens comme une agression. Car sinon, la violence verbale et même physique pourrait ressortir. Et je n'en ai aucunement envie. Et quand je ressens cela, ce n'est plus moi qui m'exprime, mais cette partie du passé.

Ce ne sont pas les paroles prononcées sur le moment qui me hérissent, c'est le vase qui a été trop rempli et qui déborde. Et je ne peux pas reprocher aux gens de verser une goutte dans ce vase. Je ne vais pas leur reprocher tout le poids de mon passé. Ils n'en sont pas responsables. Et surtout, c'est moi qui ait accepté de courber l'échine, de ne pas plus m' affirmer ( joli lapsus, j'avais écrit initialement m' accepter). Je n'ai plus envie de me laisser enfermer par les règles, les choix des autres, les principes. J'ai besoin d'être libre, de m'autoriser à sortir des clous ( il m'a fallu d'ailleurs des années pour me l'autoriser au sens propre).

Et pour affirmer mes besoins face à l'autre, j'ai besoin d'apprendre à le faire autrement que par des reproches ( comme on le voit bien dans ce texte). Car souvent je surréagis à des gestes ou des paroles où il n'y a eu aucune intention de me blesser. Par exemple, je suis actuellement très sensible au toucher et même à la proximité physique( c'est à dire en dessous d'un mètre de distance). Je ne vais pas reprocher à quelqu'un son comportement s'il n'a pas conscience de mes besoins. Le plus juste pour moi, c'est de les exprimer, ces besoins, quand je sens cela utile. Et pour le reste, comprendre que les autres n'ont tout simplement pas naturellement conscience de ces limites et ces besoins. Et ce n'est pas pour autant que je dois me sentir personnellement agressé par cette ignorance.

Je me rend compte en relisant ces mots que j'utilise souvent le verbe pouvoir. Je ne m'autorise pas encore à être agressif envers l'autre. Mais est-ce qu'au fond de moi, ce reste d'éducation morale n'est pas aussi juste envers moi? Du moment que cela ne m'interdit pas de ressentir et reconnaître ces émotions et d'exprimer cela d'une manière plus constructive et apaisée à posteriori. De toute façon, pour moi, le rapport à l'autre est encore fortement teinté d'un rapport de pouvoir ( domination et/ou agression). Donc j'ai besoin de reprendre le pouvoir de mon propre pouvoir. :D

Tout cela pour dire que je suis vraiment en plein travail sur mes besoins , mes limites. Et que celles-ci me limitent, d'ailleurs, en me poussant à m'enfermer chez moi par désir de liberté et de respect vis-à-vis de moi. C'est assez paradoxal, mais c'est ce qui est là. Donc j'observe, je prend soin de moi par mes petits plats, sans me forcer , sans "je dois, il faut, il est inacceptable de".
Et on verra après pour remettre de la structure et du cadre dans tout cela. Un cadre juste, flexible , avec une porte ouverte ;)
Profiter de la vie en suivant ses envies.

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Re: Réflexion avant Noël

Message par sofie » lun. 12 déc. 2016 23:33

Merci beaucoup pour ce partage, avec pleins de réponses dans tes questions : )
Je te souhaite beaucoup de douceur, de cocooning, de chocolat chaud au coin du feu et tout ce qui te fera plaisir !
des Chaudoudoux

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Corinne 2 2
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Re: Réflexion avant Noël

Message par Corinne 2 2 » mer. 14 déc. 2016 15:32

Comme je comprends tout ce que tu exprimes!!
L'essentiel est que tu te vois dans cette part considérée comme "sombre"', celle qui veut exploser, exprimer ses émotions et juste l'autoriser à être car c'est probablement tout ce qui a été mis sous le couvercle pendant des années et là, c'est la cocotte-minute. Je suis comme toi, je me suis toujours retenue pour ne pas "balancer" mon émotionnel à la figure des autres, parce que dans mon éducation ça ne se faisait pas d'exprimer ce que je ressentais.
Je crois que c'est encore pire quand, comme toi, on a le sentiment de ne rien avoir à reprocher à ses parents, c'est bien cela que que sens et qui te déchire, non?

Maintenant, je sais que l'autre est un miroir et que tout ce que je peux lui reprocher est une part de moi que je ne veux pas voir. Une fois cette part acceptée, l'autre est toujours comme il est, mais moi je ne reçois plus son attitude ou ses paroles comme une agression. Il est juste là pour appuyer sur un abcès qui veut se vider et de ce fait comprendre qu'on peut changer les choses. Comment veut-tu connaître ces parts de toi si elles ne te sont pas renvoyées par quelqu'un? Et la famille, en général, est championne à ce niveau là, on ne s'est pas choisis par hasard ;)
Une fois tout cela pacifié, je remercie ces personnes/miroirs de m'avoir montré tout ça (c'est aussi valable pour tout ce que l'on admire chez l'autre bien sûr).

J'ai eu une mère contrôlante et un père fuyant, mentalement je sais que leur attitude était gouvernée par de la peur mais, encore maintenant, je constate que je n'ai pas encore totalement pardonné, juste je le constate, je suis simplement honnête avec moi-même. Ma mère est décédée et mon père ne se remettra pas en question puisque son fonctionnement le fait tenir debout (chacun ses béquilles) je n'ai pas le pouvoir de les changer mais de changer moi, oui.
Ils évoluent eux aussi, vivent une autre expérience que la mienne...
On excuse avec la tête et on pardonne avec le coeur
LeDahu a écrit :j'ai besoin de bienveillance, d'accueil, d'amour inconditionnel, et actuellement, j'ai l'impression que ma famille n'est pas capable de me fournir cet environnement.
Effectivement, je pense que tu pourras trouver un peu cela dans nos réponses à ton post mais la seule personne qui pourra te les donner durablement... c'est toi même.

Tu es en train de te faire un beau cadeau de Noël. Merci pour ta sincérité et ton partage sur le forum. Écrire et se relire, échanger permet certains déclics comme tu as déjà pu le constater...

Bien à toi,
Corinne

LeDahu
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Famillle, je vous aime

Message par LeDahu » jeu. 15 déc. 2016 12:49

Merci Corinne pour cette réponse pleine de mots pour réagir. Chic, chic, chic.
:!: AVERTISSEMENT:, la suite est en mode 36 15 code MALIFE . C''est le premier message où je rentre autant dans les détails intimes et je pense qu'il n'y en auras pas des tonnes comme cela. Mais cela m'a semblé nécessaire. Et en plus c'est un pavé :lol: Alors au choix: profitez-en ou passez votre chemin :ugeek:

Part considérée comme "sombre"', je ne dirai pas cela, juste une partie de moi qui s'est exprimé d'une certaine manière par le passé et à laquelle je veux laisser un moyen d'expression plus adapté et plus respectueux de moi. J'ai en effet par le passé été "soupe au lait" ( lointaine origines italiennes du côté de mère) , me mettant en colère de manière explosive, n'ayant pas réussi à entendre mes besoins inassouvis avant que ça déborde. Cela a finit par des actes violents envers mon frère ou des insultes en publiques.
S'ensuivait un sentiment de culpabilité, puis des excuses pour tenter de me faire pardonner, pardon que je n'obtenais pas toujours et à juste titre.
En gros , l'expression de cette colère, suite à une non écoute de mes besoins, était injuste , car c'était surtout une colère contre moi qui ne m'était pas autorisé à fixer et entendre mes limites et besoins à temps . Désormais , j'arrive généralement à les exprimer plus rapidement , sans avoir besoin d'en arriver à la colère. Sauf quand , pour "plaire et être aimé", je me mets à me sacrifier, et à ne plus oser écouter et exprimer mes besoins, par peur du rejet. Mais vu, que maintenant, avec mes parents, je ne recherche plus particulièrement d'amour ou de reconnaissance, c'est beaucoup plus équilibré. Dans les relations sentimentales, c'est un autre sujet. On verra quand j'aurai l'occasion de nouveau d'expérimenter.
D'autre comportement actuellement la remplace, cette colère, une petite tendance à la mise à distance, une légère fuite, mais qui pour l'instant me semble moins destructrice, encombrante, écorchant moins les relations.
Et vu qu'actuellement l'expression artistique a envie d'émerger dans ma vie, cela me semble une belle opportunité pour laisser s'exprimer autrement quelques émotions du passé.

Car c'est bien là ce qui est difficile à gérer vis-à-vis de cette colère qui veut ressortir vis-à-vis de ma famille. C'est que ce sont des émotions liées à des actions du passé et à un ressenti du passé. Actuellement, j'ai très bien accepté comment mes parents fonctionnent, je les prends tels qu'ils sont et cela ne m'agace aucunement. Par contre, si je suis pris d'une tristesse, d'une crise de pleur, d'insomnie,d'un comportement lié à ma sensibilité énergétique ou autre ( ce qui est actuellement quasi quotidien), je me sentirai dans l'impossibilité d'exprimer les choses. En effet, ils ne sont pas du tout ouverts à cela( très cartésiens) , ont été particulièrement marqués par ma période dépressive d'il y a une dizaine d'années et surtout pour ma mère et mon frère , ont tendances à vite se faire du souci. Donc déjà que c'est pas facile à gérer seul, si par-dessus cela , je dois ressentir les émotions que mon état provoque chez eux ( sans parler de leur présence énergétique qui peut au sens propre me piquer), cela fait un peu beaucoup. Sans parler des jugements et des non-dits vis-à-vis de mes choix de vie actuels qui sont très présents dans ma relation avec ma mère. Et contrairement au téléphone, c'est moins facile de mettre fin au contact, surtout qu'initialement, je devais passer une semaine chez eux. Ce serait qu'une journée ,ça irait.

Donc, si j'avais potentiellement des reproches à leur faire, ce serait sur une partie de mon éducation, mais ces reproches seraient liés à leur fonctionnement que désormais j'accepte tel qu'il est. Donc je ne vois pas le besoin d'exprimer des reproches que je ne ressens plus actuellement. Et puis, c'est du passé, nous ne pouvons rien y changer, alors pourquoi l'exprimer? Et pour la plupart des actes auxquels je pense, ils les ont effectués avec la meilleure intention et sans conscience de l'impact que cela aurait pu avoir plus tard. Cette colère, je persiste, elle est surtout contre moi de ne pas avoir osé poser des limites et exprimer mes besoins. Certes, ils auraient pu m'aider à cela, me questionner, m'écouter, être moins cadrant, moins "enfermant" ( c'est le mot qui vient, car c'était loin d'être le cas, c'était moi qui me mettait les barreaux en respectant les règles au pied de la lettre). Mais à quoi bon leur reprocher cela? Ai-je besoin de leur exprimer? Actuellement non.

Certes, je sens que j'ai encore des choses à de leur dire, mais elles ne font pas partie de celle listées au-dessus. Je ne vais pas non plus leur reprocher d'avoir désiré avoir une fille. Ou d'avoir déménagé. Ou que mon père ait été agressé durant mon enfance. Et à quoi bon les reproches?
Et la vraie raison de cette colère, il me semble, qui a d'ailleurs déjà été exprimé, c'est de m'avoir donné la vie. Et je sens ( vu que là, le souffle se coupe, le corps et la gorge se contracte), que c'est vraiment cela mon souci. Ou plus précisément, un autre truc caché en dessous. Allez, on va fouiller. Ou plus précisément , de m'avoir "loupé". Comme on dirait chez moi ,de m'avoir démoulé trop chaud. Ou plus précisément, de m'avoir fait cuire trop longtemps, vu que je suis sorti avec plus de deux semaines de retard sur la date théorique. Alors, franchement, là, je vois pas l'intérêt de l'exprimer.
Et si je regarde ce qui se cache derrière, c'est en effet de ne pas m'avoir accepté dès ma naissance en tant que garçon. Même si c'est un sujet dont je n'ai jamais parlé. Mais ma mère m'a tellement rabâché dans ma jeunesse que je me serai appelé Hélène si j'avais été une fille, que je sens qu'il y a eu quand même un travail de deuil difficile de ma mère sur ce point. Et aussi beaucoup de culpabilité de sa part de m'avoir très peu allaité ( en raison d'une mycose . Eh oui, le corps dit des choses que parfois on ne s'autorise pas à voir). Il y a un an environ, j'ai pris conscience de l'impact de tout cela .

Allez , quitte à déballer, déballons. Sans oublier l'opération des testicules, car bien sûr, vu que mes parents voulaient une fille, logiquement, (vu que ce processus se fait normalement in utero ou au plus tard durant la première année), mes testicules ne sont pas descendus. J'ai donc dû subir à cinq ans une opération avec anesthésie générale, en demandant à ma mère de rester avec moi. Ce qu'elle a fait, mais elle me l'a dit après, en ayant fortement trainé les pieds, ayant préféré rester chez elle ( elle a en effet beaucoup de mal à rester en place enfermée entre 4 murs). Cela, certes , je l'ai encore un peu en travers de la gorge. J'ai d'ailleurs qualifié cela dernièrement de "viol chirurgical". En effet, pourquoi cette double peine si on voulait que je sois une fille? On a changé d'avis? Et c'est moi qui subit encore cela? Franchement, vu ce que cela m'a servi d'avoir été opéré jusqu'à maintenant, je vois pas en quoi mon infertilité aurait été un problème. :evil: Certes, il y a le côté hormonal, et l'augmentation de risque de cancer. Mais même avec les testicules bien placés, j'ai pas l'impression que la production testostérone a été dans la norme haute ( vu mon côté limite imberbe et ma faible masse musculaire à l'adolescence).

Et donc, certes, derrière ce que je pourrais reprocher à ma mère, se cache le fait de ne pas encore totalement accepter mon identité, mon incarnation, et mon genre Surtout que ces temps-ci, j'avais tendance à ne pouvoir me visualiser qu'en tant que femme et j'avais tendance à accorder les adjectifs au féminin. Mais au moment où j'écris ces mots, j'arrive à me visualiser en tant qu'homme. Cela semble donc réglé.
De toute façon, j'étais lesbienne, donc cela ne me posait pas de problème sur mon positionnement sexuel. ;)

Donc pour reprendre ta phrase
corinne2.2 a écrit : On excuse avec la tête et on pardonne avec le coeur
Je pense avoir excusé, en grande partie pardonné à mes parents .Mais pas encore totalement pour ce dernier point que je viens d'aborder, qui m'a énormément bloqué dans ma vie, et dont j'arrive juste à commencer à me libérer. N'avoir eu aucune relation sentimental ( et sexuelle) avant mes 36 ans n'est pas anecdotique. Certes, c'est aussi en phase avec du karma, des vies antérieures, du transgénérationnel,.... . Mais j'ai encore du mal à digérer l'impact que cela a eu sur ma vie. Sans oublier qu'ils en ont rajoutés une couche avec "Pas de petite copine avant d'avoir fini tes études". Et surtout , je n'arrive pas non plus à me pardonner de ne pas avoir fait face à cela plus tôt. Car j'ai aussi ma responsabilité dans cet état de fait. Mais on fait cela quand on est prêt. Surtout vu l'état de panique dans lequel je me mettais dès que j'essayais d'agir pour initier une relation sentimentale.

Et en ce qui concerne l'environnement, je pensais à Moi, comme UNIQUE personne pouvant m'offrir cet environnement adéquat, Mais en voulant écrire cela dans mon mon dernier message, je me suis rendu compte que ce n'était pas totalement juste car je trouve également cela auprès de deux amis ,d'une thérapeute et d'une communauté physique (celle de la danse). Mais j'ai une très forte conviction que c'est le moment pour moi d'arrêter de chercher à l'extérieur les réponses et ce dont j'ai besoin. Et je n'ai surtout plus envie de fonctionner comme avant sur un modèle de dépendance affective à l'autre pour trouver mon propre équilibre, ce qui m'a toujours fortement desservi et déséquilibré.
Et au pire, je demande un coup de main au subtil, cela va tout de suite mieux. Faut bien profiter de temps en temps des avantages d'avoir des perceptions et ne pas se contenter uniquement des inconvénients. Et puis , le téléphone des esprits, il est toujours chargé et y a toujours quelqu'un qui répond sans grogner ;)

Et donc, merci encore Corinne pour ta réaction qui m'a fait un peu plus approfondir et lier ce dont j'avais déjà conscience.
En espérant ne pas vous avoir saoulé avec tout ça. Je vous rassure, cela va bien , j'ai la patate, et le fait de ne plus l'autruche et d'arrêter de faire la victime depuis 2 ans fait que même en période de remise en question, de baisse d'énergie et de moral, ça aide pas mal. Et puis , y a pas à dire, avoir la foi et regarder les choses au niveau d'au-dessus, ça aide beaucoup. Car quand on se dit que tout à un sens et sert à quelque chose, ça rend la pilule plus facile à digérer et permet de relativiser. Surtout en période d'envie suicidaire, qui exprime juste un "je n'en peux plus de vivre ainsi/de souffrir" plus que "j'ai envie de mourir". Et souvent, ça permet un déclic, ces périodes de "basses énergies".

Eh bien, si je n'écris pas d'ici là ou si vous ne me lisez pas, je vous souhaite de bonnes fêtes en avance.
Bisous pleins de poils de l'ours dans sa caverne.Sauf pour les allergiques.
J'ai le droit , c'est bientôt Nowel :lol:
Modifié en dernier par LeDahu le jeu. 15 déc. 2016 15:40, modifié 2 fois.
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Re: Réflexion avant Noël

Message par Merline » jeu. 15 déc. 2016 14:25

Le dahu tu cogites trop! c'est du stress, responsable d'une grande partie de nos maux; t'inquiète, moi aussi je cogite, mais je sais que ça ne sert pas à grand chose de se torturer l'esprit à propos de la famille, tout ça*; elle est comme elle est; il vaut mieux s'occuper du présent, lâcher prise, et c'est bien si tu sens qu'il te faut prendre de la distance, quitte à rester seul à Noël; c'est TON envie à TOI; comme dit J. Salomé : ose ta vie, toi seul la vivra!

Tu parles de caverne et ça résonne beaucoup en moi. Il y a parfois des merveilles dans certaines grottes...

Bises

*il parait que les méthodes de "régression" genre sous hypnose, en trouvant les événements perturbateurs vous débloquent les problèmes;

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Re: Réflexion avant Noël

Message par LeDahu » jeu. 15 déc. 2016 15:34

Merline, comme d'habitude, ce "jugement" : "tu cogites trop" , me fait réagir.
Je ne comptes plus le nombre de fois que l'on me l'a sorti, cette phrase durant mon adolescence.
Ce mode de fonctionnement fait partie de moi, et j'essaye actuellement d'en tirer parti de la meilleure manière pour moi. Certes, j'ai tendance parfois à sur-analyser, cela m'a même joué des tours, car je m'emprisonnais là-dedans et restais dans mon statut de victime. Et cela a, à une certaine époque, alimenté une sorte de machine à souffrance.

Mais, désormais, j'ai l'impression de l'utiliser majoritairement à bon escient et cela me permet aussi de mettre du sens derrière mon histoire, derrière ce que j'ai vécu. Mais aussi de prendre de la distance et de prendre conscience de ce qui est caché derrière. Et écrire le message précédent m'a soulagé au lieu de me stresser. Loin des ruminations auxquelles j'avais anciennement l'habitude. C'est juste actuellement ma manière d'assembler les pièces de mon puzzle personnel. Et cela m'a permis donc de me détendre ( je l'ai senti physiquement) et d'identifier ce qui était caché et camouflé derrière ces douleurs physiques et émotionnelles.
Et je n'ai pas l'impression ”de me torturer l'esprit", juste d'écouter ce que mon présent crie à travers mes maux physiques, mes comportements et mes bouffées émotionnelles qui m’enchaînent et m'empêchent de vivre pleinement. Pour enfin trouver un bout de ficelle pour dénouer le tout.

Et pour les méthodes de régression, je ne cours pas après celles-ci, n'ayant pas besoin d'identifier ou de revivre l'expérience. Juste de prendre conscience de ce que j'ai encore à apprendre. Je n'ai plus envie de comprendre ou d'expliquer, juste envie d'entendre ce que la vie me dit.
Et si pour cela, il faut encore que je décortiques, cela étant une de mes capacités, je ne m'en prive pas.
C'est mon système de fonctionnement. Libre aux autres de ne pas avoir le même.

Et donc la piste à suivre pour moi, c'est que j'accepte d'être incarné ,d'être vivant dans ce corps et de profiter pleinement que je sois un homme, avec tout ce que cela comporte.(Beaucoup de résistance pour écrire cette phrase à la première personne, comme quoi, la piste est bonne ;) )

Et pour la phrase de Salomé, c'est mon apprentissage du moment.
Merci Merline , pour ta réaction, qui me fait me rendre compte à quel point j'ai avancé sur la paix avec mon petit mental le hamster, qui peut parfois bien-être utile (même si parfois il me fait faire énormément de détour pour pas grand-chose). ;)
Profiter de la vie en suivant ses envies.

Merline
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Re: Réflexion avant Noël

Message par Merline » jeu. 15 déc. 2016 17:09

Erreur de ma part, j'aurais dû écrire "tu cogites beaucoup", ce qui eut été très différent; désolée.

sofie
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Re: Réflexion avant Noël

Message par sofie » ven. 16 déc. 2016 09:14

[quote="LeDahu"

Et donc la piste à suivre pour moi, c'est que j'accepte d'être incarné ,d'être vivant dans ce corps et de profiter pleinement que je sois un homme, avec tout ce que cela comporte.(Beaucoup de résistance pour écrire cette phrase à la première personne, comme quoi, la piste est bonne ;) )

[/quote]

Coucou ! et merci pour ce partage, et l'autorisation que tu te donnes à regarder les choses en face !
Comme tu acceptes de te livrer, je me permets de te donner mon retour sur ce que tu écris.
Après, peut-être juste se rappeler, qu'à un certain niveau, tu as choisi cette expérience de naissance, de confusion de genre (idem pour moi qui devait être un garçon!), ce besoin à un certain niveau de prendre soin des adultes dépressifs dans ton entourage proche (tout pareil..) etc etc ... juste pour pouvoir vivre ces expérience et vivre les émotions associées, et retrouver l'amour que tu te porte et donc l'amour que tu portes aux autres. De part ce que tu relates au niveau des tes sensations énergétiques, il me semble que tu es dans une forme de rejet de tes proches, donc de toi ... Peut être que quand tu auras pleinement accepter que ce jeu là,que c'est uniquement Toi (au sens conscience) qui a décidé de venir le jouer avec d'autre Toi (ta famille et tout ceux qui t'entourent et qui créé ton monde), tu pourras alors voir que le petit toi a fait ce qu'il a pu pour trouver sa place au milieu de ce flot d'expérience, qui n'avaient que pour but que tu exprimes toutes ces émotions ..? et peut être qu'alors tu pourras accorder à ce petit toi, toute la tendresse et l'amour dont il a besoin, comme si tu prenais dans tes bras un petit garçon hagard, qui ne sait pas ou ne comprend rien à ce qui lui arrive et qui trouve ce monde très rude et injuste ...Juste parce qu'avec ta sensibilité, tu gardes le souvenir qu'il reste en toi de cet "amour inconditionnel" perdu pour cause de "jeu" sur Terre ...
On ne parle qu'à soi même, donc merci à toi de m'avoir permis de me parler ! ;)
Bisous
So

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