L'éveil, c'est peut être quand on arrête de se prendre la tête pour savoir ce que c'est que l'éveil
Je me sens en accord avec ces mots. Même si pour moi ils disent surtout, symboliquement, et donc ... puissamment: "je prends la décision de vivre ma vie", "j'arrête d'idéaliser qui que ce soit et quoi que ce soit", "maintenant je compte sur la vie pour me guider vers ma propre paix intérieure, par où qu'elle doive passer". C'est un basculement "révolutionnaire", dans le sens où je prends consciemment le volant de ma vie là où je suis, conscient que quoi que ce soit qui viendra ne sera là que pour me faire grandir intérieurement: une autoroute très rapide, une petite route de campagne tranquille, un chemin de crête avec mille rochers fantastiques, une quête périlleuse ? un peu de chaque?... Chacun son chemin et ses étapes, mais d'abord le choix initial, choix courageux, c'est d'arrêter de rêver d'un ailleurs... qui ne peut être que dans la tête!
Autrement dit, pour moi, ces mots disent plus un réveil qu'un éveil, c'est-à-dire ce qui nous est offert à chacun.
Par ailleurs, la plupart des éveillés contemporains disent que l'éveil est un "self-achieved process", c'est-à-dire un processus auto-accompli... alors oui, la première décision logique à prendre me semble d'arrêter de se prendre la tête avec "l'éveil": faire ce qu'on peut pour grandir, faire ce que l'on sent juste pour soi chaque jour un peu plus, vivre de nouvelles choses, mettre sa confiance dans son chemin... et laisser la vie faire son job! Et je sens que c'est profondément une attitude "religieuse": dans le sens que "je me relie à l'essentiel, ici et maintenant"... et non pas à des textes pondus il y a 1000 ou 2000 ans, trafiqués par les égos et structures humaines, dénaturant le message d'êtres humains pleinement conscients, pleinement aimants, en les affublant de tout ce qui pourrait nous faire croire qu'ils sont "extra-ordinaires". C'est bien en tant qu'êtres humains qu'on s'apporte les uns aux autres, non?
Sur un autre plan ils appuient sur le fait que l'état d'éveil qu'ils vivent est un état...
stable...
et en miroir je crois que la plupart d'entre nous ont touché des bouts, des morceaux d'éveils, des éveils "relatifs", à certains moments, même si on n'en a pas forcément gardé une mémoire consciente... c'est donc des paliers à franchir... et en restant bien vigilant: ne pas se croire au sommet (
ou au point le plus bas, ce qui me semblerait même plus juste) après avoir touché la paix au coeur de la tempête: si par exemple quelques jours ou quelques mois après avoir traversé une sorte de plénitude absolue, "que rien ne pouvait troubler"... je m'énerve et explose mon grille-pain qui ne veut pas marcher, c'est un signe clair que cet état de plénitude est passé... par exemple

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D'ailleurs, je crois que beaucoup de gourous (dans le sens occidental, je veux dire le sens "négatif") sont des gens qui ont effectivement passé des caps, des "éveils relatifs", un jour, mais sont restés bloqués, ils sont restés scotchés à ce qui leur a été offert à ce moment-là, l'ouverture de l'instant a été dévoyée par l'égo... et la conscience nouvelle s'est dissolue de fait dans un nouveau "merdier" intérieur... récupérée, asservie, et finalement: dénaturée... Il peut en être resté des "dons", des qualités particulières, mais pas la conscience et la paix.
Gaffe à l'orgueil spirituel: il me semble qu'en chemin l'ego récupère toujours tout, et à chaque étape: c'est donc à chaque fois une nouvelle étape de lâcher-prise à traverser, de nouvelles choses à vivre, et à oser... pour passer à la case suivante. L'amour reste le guide. Un amour intérieur, une sensation qu'on laisse émerger... en soi "of course"!
Enfin bon ça c'est mon son de cloche... d'ailleurs Joyeuses Pâques! Tchoubises, Thomas