Coucou Gwen

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Je vais essayer de préciser, je pensais être clair mais peut-être je ne l'étais que pour moi...

. En tout cas ce n'est que des mots pour dire mon expérience... pas toujours évident de transcrire une expérience et un ressenti en mots! Et si les mots sont les passerelles des sens, il y a des passerelles plus ou moins praticables... Mais je vais essayer de redire ça au mieux.... d'une passerelle je vais tenter de ... bâtir un pont!!!
Donc: un jour il y a 4-5 ans, il m'a été donné de revivre l'évènement majeur de ma vie, évènement qui a été lourd de conséquences pour la suite... j'ai mis du temps à le reconnaître même si j'ai retranscris l'expérience sur papier le jour-même... bref bref bref... (j'épargne les détails, peu importe) C'était dans le ventre de ma mère: avant ce moment de basculement j'étais conscient d'une chaleur que j'avais en moi, au centre de mon ventre, mon énergie, une grande chaleur: une énergie d'amour: simple, naturelle et spontanée, qui "est" simplement, mon être, planté en lui-même... et puis là j'ai senti que ma mère allait s'effondrer, j'ai eu peur qu'elle meurt, et moi avec... Au lieu de rester centré dans mon corps, dans mon ventre, à ma place, tranquille, je suis parti... dans mes peurs, embarqué par mes peurs, totalement terrorisé, j'ai choisi le côté "peur"... et donc je me suis quitté, j'ai quitté ma base physique... à partir de là cette chaleur ne faisant plus partie de ma conscience: j'étais comme "pré-occupé", ailleurs, et en tout cas tout sauf dans mon corps... c'est un abandon de moi-même ou, dans un langage imagé: "j'ai trouvé refuge dans la stratosphère". Alors bien sûr après ma naissance j'ai développé une blessure d'abandon, que j'attribuais aux erreurs de ma mère, en particulier une "absence" à la naissance et des ratés au sevrage, mais force est de constater que j'ai moi-même fait ce CHOIX bien avant tout ça...
Conséquences par la suite: "coupures" de l'essentiel de mes ressentis et, symétriquement, surinvestissement et hypertrophie du mental: gamin "là haut", quelque peu hyperactif et surdoué sur certains aspects "socialement acceptables" (école, discussions avec les adultes, compréhensions "éclair"...). Du coup certains dons conceptuels, un peu visionnaire des fois parce que "connecté" là haut, dans ce qui me servait de "refuge"... MAIS assortie d'une incapacité à "être" simplement, "jouir" de la vie, physiquement. Tout évacué dans le grand entonnoir du mental... avec quand même, depuis toujours, une quête d'absolu, mais toujours déçue... car en vérité IL Y AVAIT UN CORPS A COMBLER, et moi je cherchais Dieu sur un autre plan, je cherchais une nouvelle "idée" qui allait être une "révélation",... un sauveur

qui saurait trouver les mots. Bref, je "m'oubliais" physiquement, et rien dans mon entourage ne pouvait me remmener à l'intérieur de moi, à mon corps (les chiens ne faisant pas des chats)...
C'est aberrant, c'est faire fausse route, c'est "terrible"... et même temps c'est vraiment pas grave, parce que quoiqu'on ait vécu la part indemne en soi, son âme, cette chaleur, "ce qui est", est toujours là. Suffit de la retoucher... pour moi la vie s'en est chargée d'ailleurs (ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas fait d'efforts pour me reconnecter à moi-même: les pratiques, rencontres, expériences diverses, et intentions exprimées clairement à ma part divine ont objectivement "débouché", abouti... seules les circonstances ne m'appartenaient pas)
Pour les faits objectifs et le lieu où "ça" s'est produit: c'est une ancienne nécropole où j'étais tombé par "hasard", perchée en haut d'une montagne, dans un lieu improbable (pas balisé,ni marqué sur la carte, à peu près à 1km à vol d'oiseau de la Pierre de la Vieille, qui est un des menhirs de la Montagne du Mortissou

)... j'étais allé me blottir au bout du tunnel, sentant que j'avais quelque chose à y vivre... et là j'ai vu que les dalles au-dessus de moi, qui faisaient facilement 50kilos chacune, risquaient de s'effondrer, elles ne tenaient vraiment à rien et mon chien à l'extérieur allait et venait, risquant à chaque instant de provoquer l'effondrement... c'est à ce moment-là que j'ai contacté ce double phénomène: la chaleur en moi qui était bien là, et le "jeu" de la peur: des émotions hyper intenses assorties de leur camarade "mental"... je suis resté un long moment à observer ça en moi, dans un état un peu second... ça m'a permis de voir le choix que j'avais fait prêt de trente ans plus tôt: le choix de la peur, un basculement total et sans partage. Et le chemin que je pouvais commencer à ré-emprunter maintenant... la voie du "retour" en quelque sorte. En d'autres mots, et plus précisément, je devrais dire que c'est le REFUS de cette peur, de cette terreur, qui m'a fait basculer: car si j'avais accepté la peur en moi à cet instant, si j'avais accepté la possibilité de la mort de ma mère et surtout la mienne, ce moment que j'ai vécu n'aurait eu aucune conséquence pour la suite.
Je suis repassé deux ans après environ, et les dalles s'étaient effectivement effondrées... (comme ma mère peu de temps après la naissance de mon frère, quelque temps après moi)
Et je suis remonté jeudi dernier revoir le lieu et découvrir les alentours: le dessus a été rebâti, les dalles formant le toît reposées... encore un changement "extérieur" qui me parle aussi de mes changements "intérieurs"...
Je vous mets quelques photos de la pierre de la vieille, et de ce qui me semble être une "nécropole". Photos d'avant-hier.
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Voilà, je sais pas si c'est plus clair vu qu'il y a plein d'infos factuelles et le détail de mes ressentis... mais donc pour éclairer le dernier point de mon précédent mail je dirais que j'ai passé plus de 25 ans à côté de moi-même, à côté de mon corps... Donc le réveil et le vécu conscient de vraies douleurs physiques est assez récent, la jouissance aussi, à commencer par "jouir" d'un rayon de soleil... ça m'était impossible il y a quelques années, puisque je cherchais partout ailleurs que dans mon corps... C'est aussi en rapport avec l'éducation et l'absence de tendresse physique dans l'enfance qui n'ont fait qu'amplifier le phénomène... même si j'ai beaucoup reçu par ailleurs. C'est pour ça que je parle de "tranquilité physique": oui le corps m'a "foutu la paix" pendant ces années, mais ça n'empêchait pas les luttes mentales et émotionnelles... donc une tranquilité et une paix toute relative.
Psychologiquement, il me semble que ce basculement intérieur c'est le déclenchement de la psychose ("blessure" d'avant l'âge de la parole, phénomène qui touche à peu près 50 % des français, notre président par exemple)... "ce n'est pas sale" comme disait l'autre

, ça apporte des dons aussi, et ça se soigne... en allant vers soi-même.
Ca commence à être franchement long mais du coup j'ai envie de reformuler ma question à Jean-Pierre: est-ce que toi tu as le sentiment de t'être quitté physiquement à un moment donné de tes jeunes années?
(je parierai bien que non

)
Merci d'accueillir ces quelques mots avec ouverture, j'ai quand même le sentiment de m'exposer pas mal avec ça... faut pas croire que ce soit si évident, ni anodin... de se "mettre en mots"... même si ce n'est que des mots, et une expérience passée...
Bonne soirée, Thomas
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